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Actualités de la peinture décorative.
Arts et Techniques .
Adresses de sites de peintres décorateurs Catégorie : Blog Actualité Date de création :
24.01.2008 Dernière mise à jour :
19.06.2008
Bientôt une mise à jour .... Nous sommes rentrés ...Mais le travail a repris si vite que l'actualité du Blog en a souffert!
Des informations et des réponses aux commentaires vont suivre!
Bientôt un compte rendu du chantier d'Ekaterinbourg. Le grand Palace construit par Bouygues Russie où nous travaillons est situé devant ce que l'on appelle le "Réservoir" superbe plan d'eau traversé par un pont.
Nous sommes à deux pas du centre historique (bien remanié)
avec la splendide église du Sang construite entre 2000 et 2003 sur l'emplacement de la sinistre maison Ipatiev rasée en 1977 par un jeune cadre zélé du nom de Boris Elsine !
Les confins du monde Orthodoxe
la ville fut interdite aux étrangers jusqu'en 1991. Centre stratégique du regroupement des commandements de défense en cas de conflit nucléaire.
la capitale politique, économique et industrielle de l'Oural
Voilà une maison dont les deux étages de caves se remplissent avec la marrée montante ! Épargnée par les bombardements de 1944 qui firent du Havre une ville nouvelle, la Maison de l’Armateur présente une structure tout à fait remarquable, de forme octogonale, en puit central de lumière, elle s’apparente aux constructions de phare dont Paul Michel Thibault, son architecte, était un spécialiste.
Avec trois étages habitables, plus un entresol pour le bureau de négoce, le rez-de-chaussée pour le stock et les écuries, elle fut la propriété de famille d’armateur ayant une flotte commerciale de liaison vers Saint-Domingue.Les Föache et les Bégouën Demeaux transportaient toute sorte de marchandises nécessaires aux colonies : tissus, outils, meubles, farines et vins et revenaient chargés d’indigo, de coton, de café … Le commerce florissant du XIVIII siècle passait aussi par la traite avec les chefferies des côtes africaines vers les Antilles.
Depuis 1790, sur les quais, sa grosse façade de moellon austère cache un intérieur raffiné, la décoration intérieure tout à fait dans l’esprit subtil du « Louis XVI provincial » allié au style Empire , présente une distribution agréable de salons et salles de travail cartographique que la ville du Havre a su sauvegarder et classer en 1950, puis réhabiliter par des travaux importants de structure et enfin transformer en musée en 2006.
La grande salle à manger ronde présente un décor de stuc de Pierre Adrien Pâris (dessinateur des menus plaisirs du Roi) tout à fait remarquable, quatre grandes allégories des saisons Cybèle, Flore, Pomone et Cérès trônent sur le mur en arc de cercle, rythmé en pilastres surmontés de médaillons. Le sol en alternance de pierres noires et beiges forme une belle rosace de losanges ; des faux marbres sur les plinthes soutenant un coloris bleu Wedgwood avec différence de ton sur les tables saillantes, tout à fait délicates.
Les Portraits des Fôache et des Begouën Demeaux peint par Alexandre Roslin ;membre de l’académie royale, sont autant de témoignage de la culture et l’éducation qui allait de pair avec la fortune en ces temps là. Une récente rétrospective de Roslin à Versailles montrait son savoir faire, son excellence dans l’art du portrait et des effets de tissu ; avec le charmant portrait de Jeanne Begouën née Mahieu de 1781 notamment. Mais surtout avec le portrait de Jacques-françois Begouën le neveu (1743-1831) superbement campé dans une veste de satin violacé bleu, le regard droit, l’air franc et net devant un fond neutre ;d’une admirable facture, le cadrage du portrait de face sans les mains, indique la disparité entre les moyens et les coûts de la province et de la cour respectivement.
« Nos racines. Les origines Begouën. Les familles, le nom. Les surnoms » de Laurent Begouën Demeaux paru au Havre en 1989, nous fournit un témoignage essentiel à la compréhension d’une certaine époque que le réaménagement de la Maison de l’Armateur ne fait malheureusement que nous esquisser, aussi réussit soit il.
La Maison de l’Armateur, 3 quai de l’Ile ,le Havre ,02 35 19 09 85 ,fermé le mardi.
Avant la promulgation de la chartre Tanzimat (ère des réformes) le grand vizir Mustafa Resid en voyage à Londres écrivait une longue lettre au sultan Mahmud II pour lui faire part des observations et critiques concernant les incendies si fréquents qui ravagent les quartiers d’Istanbul.
L’habitude turque de construire en bois les habitations,échoppes et ateliers, dans une prolifération de ruelles, en était la cause première.
La pierre était réservée aux édifices religieux ou Külliyé (mosquées ,medressées , tout complexe architectural à but religieux…)
Le grand vizir souhaitait tirer parti de ces désastres pour promouvoir une vaste campagne de reconstruction en pierre et brique, avec un souci louable d’urbaniste ,pour améliorer la circulation autour de la corne d’or avec nivellement de terrain et tracé géométrique de nouvelles rues.
En 1839 l’ère des Réformes transforme la vieille cité ,l’ouvre à la modernité. La ville est divisée en districts, un plan précis au 1/25000e est élaboré.
Le sixième district ( Galata, Péra,Tophane) est déclaré « commune expérimentale » les chantiers commencent avec l’arrivée d’architectes étrangers qui formeront les futurs architectes turcs .
Malgré les prescriptions de l’ordonnance impériale de 1839 (construction pierre ou brique ,obligation de séparation des maisons de bois avec des murs en maçonnerie, malgré les différents plans d’urbanisme, les incendies continuèrent à ravager la ville.
On recense entre 1853 et 1906 : 229 incendies, Aksaray en 1856, Hoçapacha en 1865, Péra en 1870 sont les plus connus , des centaines de maisons traditionnelles disparaissent ,des quartiers entiers sont à reconstruire dans l’urgence ….donc en bois ,encore et encore …La population ne cesse de grandir, les besoins sont immenses.
Les réglementations sur la construction se succèdent 1848, 1856,1863,1875,1877,1882…etc de 450 mille habitants en 1850, Stamboule devient en 1900 une ville de près d’un million d’habitant en y incluant les villes périphériques d’Üskudar, Kadikoy, Fernerbahce,Beylerbeyi.
Les maisons et immeubles se transforment ,les grandes villas bourgeoises signe de prospérité, se parent de formes et de motifs décoratifs en dentelles de bois travaillés, les toits s’élèvent ,les pignons grandissent ,les influences multiples, transforment la physionomie des constructions nouvelles (qui se font toujours en bois ).
La structure se transforme sous le coup des influences extérieures mais les fondements sont toujours là, le « Genius loci » ottoman avec Sofa (hall central) et Eyvan (entrée) ,la séparation entre Harem et Selamlik qui appartiennent à une sorte d’architecture spontanée élaborée depuis des siècles venant d’Iran ,d’Asie centrale à la période timuride .
Cette architecture traditionnelle « spontanée » se transforme au XIXe en architecture « cultivée » ayant toute facilité à s’imprégner de ces nouvelles formes et décorations (motifs floraux de l’art nouveau), qui elle mêmes sont venues de traditions où le climat ainsi que les méthodes de constructions en bois ont leurs contraintes. Le grand carrefour des influences se trouve dans les expositions universelles de 1867 ,1878,1889,1900 et1907 à Paris où l’on peut voir les sections orientales (palais du Bardo) ,les architectures de bois norvégiennes et suédoises, les chalets suisses, les isba russes, les constructions japonaises .Le palais de la Turquie de 4000 m2 dans la rue des nations de l’exposition universelle de 1900, empile dans un style éclectique les différents éléments de l’architecture turque recomposée par l’architecte français Dubuisson.
(Kadiköy,même immeuble que la photo précédente encadré de constructions modernes)
Les grands architectes arméniens ,la famille Balyan, les français comme Alexandre Vallaury, Léon Parvillée,le génial D’Aronco ,les allemands Otto Ritter,Helmuth Cuno transforment la vision architecturale traditionnelle, créant une dynamique pour l’école Turque avec la génération des Kemaleddin Bey, Vedat Tek, Ali Talat Bey qui s’efforcent d’actualiser l’héritage ottoman et réagissent au renouveau « orientaliste art nouveau » par une aspiration à une pureté de langage de forme .
Sedad Hakki Eldem, architecte et théoricien ,a très tôt étudié la « maison turque » éclairant par de nombreuses publications l’essence de l’architecture domestique.L’intérêt actuel, après une longue et dramatique période de « jachère » se nourrit de ces matériaux.
Il y a quatre différents types de constructions répertoriées.
Les Ev ou maison traditionnelle de taille moyenne .
Les Kösk ou kiosque,maison sur plan carré de petite taille (anciennement sol surélevé avec toit pentu),situées sur les rives du Bosphore ou sur les collines avoisinantes
Les Konak ou maison bourgeoise de grande taille.
Les Yali ou maison des bords du Bosphore. plan longitudinale principalement,
Les quartiers résidentiels de Suleymanié et de Zeyrek contiennent de nombreuses maisons de bois dont quelques’unes de plus de cent ans ,un rapport de l’UNESCO en 1977 se préoccupait déjà de leur sauvetage, l’habitat traditionnel dans les autres secteurs est presque entièrement détruit ou en passe de l’être .
Les maisons de bois de la Soguk Cesme sokak ont été ,elles sauvées, eu égard à leurs emplacement entre St Sophie et Topkapeu.
Il y a encore quelques rues de Kadikoy ou d’Uskudar avec des maisons en ruine protégées par des palissades qui devraient être restaurées rapidement.
La commune de Beylerbeyi a très bien su réhabiliter certaine unités d’habitation en bois qui sont de structure 1900 sur des bases de moellons de pierre, le village de Gengelköy a perdu l’essentiel de ses maisons traditionnelles sauf deux petites dans la rue principale et deux gros Konak à l’entrée, dont une, tout à fait intéressantes avec ses vitre bombées ,défigurée par la présence d’une station service en son flanc ,ce qui l’a peut être sauvée !
gengelköy 2007
Les lois actuelles de préservation des maisons historiques patrimoine culturel, empêche toute démolition sauf à reconstruire à l’identique pour certain Yali .
En 2003, 83 incendies ont réduit en cendres des bâtisses en bois dans les quartiers de la péninsule historique (arrondissements de Fatih et Eminönü), et 3 dans les arrondissements de Beyoğlu, Şişli et Zeytinburnu. 53 de ces incendies ont été classés par les pompiers comme « incendies liés à des mégots de cigarettes ou à l’inattention des citoyens », et le reste comme « incendies liés au courant électrique et aux soba (poëles) ».
Selon les responsables de la Commission de protection des biens historiques, ces incendies sont d’origine criminelle. D’une part, ils observent dans les statistiques une augmentation anormale du nombre d’incendies en 2003 : 15 bâtisses historiques ont brûlé en2000, 33 en 2001, et 15 en 2002, la plupart, cette année-là, dans les arrondissements de Kadıköy et Üsküdar. Par ailleurs, certains bâtiments ont brûlé à plusieurs reprises la même année : un bâtiment du quartier de Hadar (Fatih) a brûlé au total 12 fois durant l’année 2003.
Perihan Balcı, directrice de la Commission, explique que ces bâtisses ne peuvent pas être détruites ou même restaurées, selon un décret du 5 novembre 1999. Les propriétaires de ces immeubles se trouvent pour certains dans des conditions économiques difficiles et sont contraints d’abandonner les lieux. La « mafia des parkings » s’organiserait alors pour brûler ces maisons, sachant que la loi n’interdit pas l’utilisation des terrains en tant que parking une fois que les bâtiments ont été réduits en cendres.
Les yali sont une tradition de la fin du XVIIe , Pacha et grand vizir, ainsi que toute une élite fortunée se fit construire sur les bords du Bosphore de somptueuses maisons d’agrément et de prestige pour l’été que l’on pratiquait en Caïque (longue barque à voile ou à rame).
Largement ouvert vers l’extérieur pour jouir de la vue les encorbellements ou saillis se distinguent de yali en yali comme une signature.
La rive asiatique avec les « eaux douce d’asie « (l’embouchure de la maigre Goksü) de Beylerbeyi,Anadolu Hisari jusqu'à Beykoz se voit construite de résidences de plus en plus en rupture avec les schémas traditionnels que l’on retrouve dans le plus ancien Yali du Bosphore, le petit Amcazade yalisi .
Appelé aussi Köprülü yalisi (grand vizir Amcazade Hüseyin pasa) cette maison date de 1699.Plan cruciforme avec sofa central et trois bow-windows en encorbellement au dessus de l’eau ,l’intérieur est richement décoré de motifs peint .Fleurs et rinçeaux placés sur les panneaux amovibles au dessus des fenêtres .La paix de Carlowitz y fut signé entre l’empire et les puissances européennes.
Après avoir été restauré et repeint en ocre rouge traditionnel en 1997, il est de nouveau dans un triste état .
(Photo de 2007).
La rive européenne d’Ortakoy jusqu'à Sariyer voit ses villages de Pêcheurs se transformer avec la construction de nombreuses maisons .Kurçesme, Bebek ,Tarabya, Buyukdere. Certaines sont de véritable palais comme la résidence du chef de l’état aujourd’hui.
Jusqu’au début des années cinquante les deux rives du Bosphore étaient l’annexe estivale d’Istanbul,amenant à son point de perfection l’architecture XIXe en bois .
La poussée démographique ainsi que l’ouverture des routes côtières ont provoqué une urbanisation extrêmement rapide ainsi qu’anarchique .Les yalis se trouvèrent peu entretenus et bon nombre furent démolis , comme le grand yali de Köçeoglu de Bebek datant de 1770 détruit en 1940 ,étudié lors de sa destruction par Seddad Hakki Eldem qui en livre une description très détaillée pour l’école d’architecture.
Köçeoglu yalisi Bebek détruit en 1940
Beaucoup brûlèrent ,certains s’effondrèrent attaqués par l’air marin, enfin la plus part présentaient dans l’étude de Perihan Balci « Bogaziçi Yalilari 1970 » un aspect lamentable .En l’espace de vingt ans le paysage des bords du Bosphore se transforme avec la construction de maisons et immeubles en béton .Les destructions se poursuivent au mépris de toutes les lois de conservation du patrimoine. Une pratique du façadisme commença et démolit bon nombre d’édifices traditionnels pour ne conserver que l’image.Il y eu ,dit-on, une perte patrimoniale comparable avec les destructions de guerre ! la crainte manifeste fut que les côtes asiatique et européene du Bosphore subissent le même dramatique traitement que le front de mer Libanais, ou la Costa del sol espagnole , entièrement enlaidi de construction sans charme.
Heureusement le début des années quatre vingt dix vit un sursaut et une grande prise de conscience , les autorités, la municipalité, les organismes privés, les investisseurs inversèrent la tendance. Tel le magnifique Ethem Pertev Yalisi restauré somptueusement alors qu’il menaçait de sombrer dans les flots il y a peine dix ans .
Les sauvetages sont donc in extremis : Ahmet Rasim pasa yalisi devenu l’hôtel Ajia ,le Palace de kanlica .
le Kadri pasa yalisi en ruine en 1962, restauré complètement qui eu la malchance d’être éventré par un cargo en 1981 puis restauré de nouveau .
D’autre furent tout simplement entièrement reconstruit comme le Hasip pasa yalisi de Beylerbeyi brulé et détruit en 1973 puis reconstruit , comme le Saffet pasa yalisi de kanlica , brûlé partiellement en 1976 ,rasé puis reconstruit de 2004 à 2007.
Saffet pasa Kanliça 2007
Saffet Pasa avant l'incendie de 1976
Le très particulier Mahmut Nedim pasa de Vaniköy (construit par l’Ambassadeur Ottoman en Autriche ) qui a la particularité d’avoir une sorte de clocher inspiré des constructions tchèques, Donné par ses héritiers au Croissant rouge turc qui le laissa à l’abandon, il fut acheté trois millions de dollars il y a deux ans par un particulier qui est en train de le reconstruire entièrement.
Travaux complet de reconstruction photo 2007
Le Bosphore est préservé .Les yali restant survivent et sont entretenus.Les trois fleurons des rives d'Uskudar sont sauvés .Abu Effendi yalisi,
l'Hekim pasa yalis.
enfin la promenade au pied du Edip Efendi Yalisi
partie la plus étroite du Bosphore, là ou le courant est le plus fort, est unique pour ses sensations de navigation.
Les Konak sont des curiosités qui semblent être dans un futur proche réhabilités comme ceux des Iles des Princes.Les quartiers en bois de la péninsule historique sont sauvé par la demande d’hôtel de charme que les touristes apprécient (le quartier Sulthanamet)
Il faut espérer que les propriétaires des maisons de bois survivantes des quartiers périphériques trouvent auprès de leurs municipalités des alliés pour leurs préservation.
a suivre
L’hôtel de la Païva des Champs Elysée sort de sa gangue de fumées, de goudrons, de suies noirâtres qui recouvraient les peintures décoratives d’une uniforme patine naturelle et protectrice.
Pendant des années, les fumées des lampes à pétrole et au gaz, les pipes et cigares, les poussières grasses des émanations corporelles, des salissures naturelles emmenées par l’air chaud ont fait disparaître les couleurs et les motifs peints, des plafonds, des corniches ,puis petit à petit des murs. Transformé en restaurant, en Cercle, en club de Messieurs, le décor ne subit que peu de transformation, les meubles furent dispersés, mais les peintures furent conservées.
Aujourd’hui siège du « Travellers club » cet ensemble de décors ne se visite pas facilement.
Journée du patrimoine ,visite guidée par Orsay et réservée à certaines associations, ou lors d’événement comme, la présentation en janvier dernier de la collection Hommes 2008/09 du bizarroïde Bernhard Willhem qui permit à beaucoup de découvrir cet endroit un peu oublié et largement insoupçonné aux foules des trottoirs des Champs Elysées.
Une fois nettoyées, les peintures sont comme au premier jour, étincelant de rehauts d’or, d’ombres portées délicates, de volumes dans leurs moindres palmettes.
Il y a des peintures décoratives à peu près partout, sur les portes, les entre portes, les boiseries et lambris, les corniches et plafond à caissons, la magnificence de 1856 à quatre millions de francs or …
Construit sous la direction de Pierre Manguin (1815 1869) architecte d’église qui s’émancipe chez une dame de la haute bicherie !
Les Onyx du somptueux escalier ont repris leurs couleurs ainsi que les allégories du plafond. Un numéro de la revue « la Demeure Historique » lui est consacré .
Les équipes à l’ouvrage furent constituées d’un nombre impressionnant de talent .Des sculpteurs et ornementistes : Augé , Barrias, Dalou, Delaplanche, Legrain, Brisset, Carrier-Belleuse, Cugnot ainsi que le jeune Rodin âgé de tout juste 25 ans !
Les peintures ont été confiées en 1863 aux équipes de Paul Jacques Aimé Baudry, prix de Rome 1850 ex æquo avec Bouguereau .Baudry réalisa de nombreuses peintures de l’opéra Garnier , celle du palais Galléria ainsi qu’au château de Chantilly.
« Vous m'avez voulue, vous m'avez eue. Je voulais un nom, je l'ai, nous sommes quittes. " Thérèse devient marquise de Païva grâce au richissime Aranjo de Païva qui eut le bon goût de se tirer un coup de revolver dans la gorge une fois ruiné…D’une sensualité absolument stupéfiante, elle ravagea les cœurs des hommes qui la fréquentaient, grande courtisane au caractère fort, à l’aplomb et la perversité non-déguisée, son célèbre lit d’acajou massif finit dans un bordel de luxe rue des Moulins.
Mais ce n’est que grâce à la fortune colossale de son nouveau mari, le duc de Henckel von Donnersmarck qui lui acheta le château de Pontchartrain ainsi qu’un Hôtel particulier néo renaissance rue Saint Georges dans le IX° , qu’elle entreprit la construction de son Palais des Champs-Elysées.
Cousin de Bismarck, le duc (qui avait vingt-cinq ans,millionnaire et amoureux) est l’aïeul du réalisateur Florian henckel von Donnersmack de la « vie des autres » (oscar meilleur film étranger 2007 !)
Dix ans de chantier pour stupéfier la capitale. D’une richesse inouï, d’un luxe grandiose ;Toute la presse commentait sa salle de bain mauresque, son escalier d’onyx, les boiseries d’ébène, sa chambre au plafond néo gothique flamboyant avec des soieries des manufactures Prelle : « grande boite capitonnée, ouvragée, frangée de satin feu à liseré de couleurs pensée » comme le note Edmond de Goncourt (journal 1863)
Puis le grand salon du premier étage avec « le jour repoussant la nuit » représentant la marquise nue au plafond !
Après la guerre, après des velléités politique, elle dû retourner en Allemagne où elle finit ses jours sans bruit en 1884 dans un château de Silésie auprès de son jeune mari qui l’aima au-delà de la mort.
Les meubles ont disparu dans des ventes multiples, il y a une des quatre consoles du grand salon au Musée d’Orsay, ses lits sont des phantasmes d’antiquaires….
Chaque projet, étude, est une création de forme, d’ensemble de lignes horizontales et verticales dégageant des volumes, jeu de masse avec renvoi symétrique, panneau d’arrêt, ligne de force, emboîtements avec décrochés. Élaboration de correspondances entre l’extérieur et l’intérieur. Mais la seule possibilité de compréhension immédiate du projet dans son ensemble passe par une « visualisation » c’est-à-dire une aquarelle.
Raimond D’Aronco signe une série tout à faire extraordinaire de dessins aquarellés, de lavis d’une puissance graphique stupéfiante. La beauté formelle, la touche libérée des contraintes sèches du dessin d’architecture ont la qualité des fameuses aquarelles de Rudolph Schindler, le grand architecte célébré aux Etats-unis.
Raimondo Tommaso D’Aronco est lui bien oublié…
Né en 1857 à Udine dans le Frioul italien, il vient à l’art nouveau après une série de réalisations qui font de lui, à l’age de trente ans, le plus prometteur des architectes italiens.
Le grand tremblement de terre d’Istanbul en 1894 ravage le centre historique de la ville , Sultan Abdul Hamit II lui confit un vaste programme de reconstruction, il va pendant seize ans façonner la ville aux couleurs d’une modernité extraordinaire , l’alliance de l’art nouveau de la sécession viennoise et de l’architecture Ottomane.
Il y avait eu le style « éclectique cosmopolite » des Baylan ; il y aurait avec Raimondo D’Aronco la fabuleuse grammaire des formes de l’Art Nouveau Stambouliote.
Chaque projet donne naissance à d’incroyables aquarelles ,quelquefois seule témoignage de bâtiments détruits, de projets grandioses non réalisés.
Du palais du YILDIZ (1893-1907) encore de style dit « revivaliste » à la fontaine Laleli ou la casa BOTTER sur Istiklal Cadessi ,l’art nouveau fait donc son entrée dans la ville, pour se mélanger avec l’art ottoman ; comme dans l’ambassade d’italie de Tarabya, syncrétisme du Yali et du palais italien transfiguré par l’art Nouveau du siècle commençant ( 1905) .
La Bibliothèque et salles d’exposition de S.E. Memduh Pacha d’ Arnavukoy (1904) est digne ,dans ses formes épurées autant qu’audacieuses, du Palais STOCLET de Bruxelles (1906-1911), si connu pour ses décors de Gustav Klimt.
On ne peut que déplorer la disparition de la « Nazime Sultan Yalisi » incroyable construction de Kuruçesme , les pieds dans le Bosphore avec ses avancées suspendues, ses pignons descendants, ses arc de cercle à la Guimard, large façade qui semble sortie d’une élucubration de Mucha et serait aujourd’hui, aussi largement visité que le palais de Beyerbeli, s’il n’avait été détruit.
La Maison Huber construite à Tarabya en 1906, pour un Allemand marchant d’arme, est de nos jours la résidence officielle du président de la république.
Les formes nouvelles se verront reprise par toute une génération de construction de villa en bois dont les Iles de Princes portent de somptueux témoignage.
Il n’existe malheureusement aucun ouvrage disponible sur cet age d’or qui disparut avec l’empire.
Pas plus de catalogues raisonné des aquarelles et dessins de Raimaondo D’Aronco.
De retour en Italie, Raimondo D’Aronco meurt en 1932 à Sanremo.
Durant l’exposition universelle de 1900 à Paris, outre le palais de l’électricité, le palais des mirages et le premier tapis roulant de la rue de l’avenir, on pouvait voir le « pavillon BING’ .
Siegfried Bing, galeriste et champion de l’Art nouveau, initiateur du japonisme en France confia à un tout jeune peintre espagnol, la décoration d’un des murs du restaurant de son pavillon de l’Art nouveau. Exécuté en trois semaines « l’hommage à POMONE, Pan y Baco et les porteurs d’offrande » est la première commande de peinture décorative de José Maria SERT, qui allait devenir l’un des plus grand peintre décorateur du XX° siècle.
Pendant 45 ans, il allait travailler sans relâche, allant de commandes des plus spectaculaires en contrats des plus rémunérateurs.
Il fréquente le tout le Paris de l’entre deux guerres, travaille dans son atelier parisien de la villa Ségur derrière le champs de mars à d’immenses toiles que l’on retrouve en Espagne ,en Angleterre, à New York , Chicago, Genève , Buenos-aires, Bruxelles, Venise et bien sûrs, à Paris. Il réalise des décors de théâtre, des cartons de tapisserie et meurt avec le monde qui l’avait porté en 1945. Il est largement ignoré depuis.
Il n’existe aucun ouvrage en français ,aucune biographie ni recension de ses travaux. Il apparaît dans certains livres par le biais de sa femme Misia… Misia Natanson peinte par Bonnard, Vuillard, Toulouse-lautrec, amie de Chanel, Diaghilev, Cocteau …Avec qui il se sépare... puis se retrouve à la fin de sa vie.
Décors grandioses et illuminés, noirceur des corps noueux à la Zuloaga, drapés jetés sur de simples portants, découpe des compositions en « sol y sombra », tous les diables et cavaliers des corridas de Goya sous des tourbillons de nuages dans des constructions en escalier avec foule en marche… .L’Espagne mythique et fantasmagorique se retrouve mêlée dans une ambiance de « tragedia dell’arte » avec la modernité... celle née de l’art nouveau et de l’après 14-18… canons, montgolfières, locomotive.
Thèmes très variés qui dans leurs réalisations charrient toujours leurs lots de troubles catalans, sang et or..grisaille de terre d’ombre brûlée lié au vernis dammars sur des fonds de feuilles d’or jaune ou d’or blanc. Même les aventures de Simbad le marin (Cosden house Palm Beach 1924) semblent écrites par Miguel de Cervantès.
Son grand œuvre est sans conteste la cathédrale de VICH, qui avec ses dizaines de chapelles, ses trois nefs de près de 70 mètres de long, ses 35 mètres sous coupole lui a demandé un effort surhumain. Travail considérable, réalisation colossale commencée en 1907 terminé en 1927 et… Entièrement détruite en 1936 par les flammes républicaines ; puis recommencé dans la cathédrale reconstruite qui lui servira de tombeau peu de temps après son inauguration en 1945.
Ses grandes commandes , celles qui feront de lui le plus demandé des peintres décorateurs par la haute société des années 30 sont celles de monsieur John D.Rockefeller en 1933 et 1940 pour « radio City » le Rockefeller Center de Manhattan ainsi que la décoration de la salle du conseil de la Société des Nations à Genève en 1936.
Il faut aller se mettre sous les palmiers et nuages du salon de danse de Maurice de Wendel au Musée Carnavalet pour se rendre compte de la modernité, de l’invention, de la maîtrise du trait, du coup de brosse, du génie de la composition qui comme la touche devient une signature reconnaissable
.
Quelques chantiers :
- « Les quatre continents » la Versine . Baron de Rothshild 1920
- « Les triomphes de l’amour » Barcelona .Marquis de Alella 1910
-« Salon des Chimères » Kent house. Londres 1913
-« La reine de Saba » Hôtel de M. de Wendel. Paris 1924
« Les aventures de Sinbad le marin » Cosden House.Palm Beach 1924
-« Fantasia orientale » salle de bal de Sir Philipp Sassoon Park Lane 1921
-« Fantasia Orientale y equilibristas » Baron de Becker Bruxelles 1930
-« El aseo de Don Quijote » Palacio Pereda .Buenos-Aires 1932
-« Montserrat y otras » Résidence Cambô. Buenos Aires 1927
-« La comedia humana » palacio Errazuriz Buenos Aire 1922
-« El Foruzudo y otras » Waldorf Astoria . New York 1930-31
-Salon des fêtes du Palais Mdivani. Venise 1935
-« La Guerra y la Paz » « el triunfo del trabajo » etc… Rockefeller Center New York 1933-1940
- Salle du conseil de la SDN Genève 1936
- Cathédral de VICH . Barcelone, Madrid , Palma… etc.
Les travaux de nettoyage ont commencé, la pièce d’entomologie , lieu de départ de l’incendie (d’origine électrique ,a partir du grand meuble de caisse et terminale carte bancaire) est entièrement détruite ; boiseries, portes , fenêtres , meubles d’exposition ont été entièrement brûlés ; le sol et le plafond sont à refaire ..Le trou au plafond est tel, que l’on peut voir entre les solives les placards de la cuisine de l’appartement du dessus…Pendant les travaux de déblaiement , une louche est tombée par le trou, sur Albertine !
Des moellons de pierre sont également tombés de la corniche, l’ensemble est donc très fragilisé .
Il y a eu ,lorsque les pompiers ont pu pénétrer vers quatre heure trente du matin, dans la fumée et les flammes de l’appartement , un « Backdraft » qui aurait pu avoir de terribles conséquences, quatre pompiers ont du être secouru d’urgence . Ils progressaient ,dans le noir absolu des fumées, vers les flammes du fond …lorsque tout c’est embrasé, explosion totale des fumées chaudes à plus de 20m/seconde , ils ont été plaqués au sol par l’explosion , ils ont immédiatement actionné leurs beeper de secours, rampant sur le sol dans les flammes qui lèchaient les murs à une température proche des 900° .
Un des pompier a cassé les portes fenêtres d’une grande vitrine croyant être devant une fenêtre , on peut voir ses traces de doigt sur le fond des présentoirs,.Ils ont pu être évacué rapidement par la petite terrasse qui donne sur la cour.
Le Backdraft est quasi impossible à éviter lorsqu’un feu brûle en milieu confiné,en effet il brûle avec un effet de pulsation,passant d'une haute pression avec dégagements de fumée et basse pression reprise des flammes, lors de l'évacuation de ces même fumées par les interstices , jusqu'à une arrivée d’air frais qui fait baisser très rapidement la pression du a l'air chaud ..et tout s’embrase, en une seconde ,l'intégralité des fumées prend feu en une sorte d'explosion.
Vianney Brintet avec Albertine Pallé sont en plein travail de nettoyage et de récupération avec les équipes du prince jardinier , pour au plus vite ,permettre l’ouverture dans deux semaines de deux des pièces : le salon vert et la salle d’école.
Une suie recouvre absolument tout , le ravinement des eaux des lances incendies a créé d’étranges marbrures sur les plafonds et la descende d’escalier. Les vitres sont constellés de taches blanchâtres ..
L’ odeur de feu froid est très prenante .
Louis–Albert de Broglie m’a dit en me donnant une claque sur l’épaule « c’est reparti ! »
Ouverture des deux pièces de l’étage dans deux semaines ?
Et le reste en Septembre prochain !
A2C